Accueil » Forums Mac Mahon

Les Forums Mac Mahon


Le Centre des Professions Financières a créé les Forums Mac Mahon afin de donner une suite au Grand Débat pour ce qui concerne plus particulièrement des enjeux économiques et financiers de long terme. Il s’agit notamment de mettre les professions financières dans leur contexte économique et financier présent et à venir, conformément à l’objet du Centre de « comprendre et faire comprendre les professions financières ».


Ces forums ont l’ambition de permettre aux participants d’exprimer librement et largement leurs questionnements et analyses, et de confronter leurs propositions.


Les contenus des débats n’engagent en aucune manière le Centre des Professions Financières, qui n’est qu’organisateur. Ils reflètent les points de vue et les propositions des participants.


Les débats sont animés par :

Rainier BRUNET-GUILLY

Denis KLEIBER

Régis de LAROULLIERE


Les documents produits (notes d’introduction, notes de synthèse ou d’étape, documents de travail) peuvent être consultés dans le répertoire ci-dessous organisé par date de réunion.


Les réunions ont lieu de 8h30 à 10h00, sauf indication contraire figurant dans l'invitation au 6, avenue Mac Mahon, 75017 PARIS.

Les date des prochaines réunions sont : 

Mardi 10 mars

Mardi 14 avril

Mardi 12 mai

Mardi 9 juin 

Pour la gestion des invitations et en raison de la taille de salle, il est demandé aux partipants de s'inscrire à l'avance auprès de Catherine CHEVASSSUT.


Forum Mac Mahon du 11 février 2020 : 

Suite Forum Mac Mahon du 17 décembre 2019


"Travailler plus : qui, quand, comment, pourquoi ?"


Vous trouverez la note de synthèse des échanges lors de cette réunion ci-desous :

​​​​​​​

Le mot travail a-til une connotation positive ou négative ?

Forum Mac Mahon du 17 décembre 2019 :


"Travailler plus : qui, quand, comment, pourquoi ?"


Les Forums Mac Mahon 
Organisés par le Centre des Professions Financières

Note d’introduction, réunion du 17 décembre 2019.
Rainier BRUNET-GUILLY
Denis KLEIBER
Régis de LAROULLIÈRE


Travailler plus : qui, quand, comment, pourquoi

Le thème global « travailler plus » a fait irruption dans le débat public français au printemps 2019 à l’occasion du grand débat, à l’initiative du Président de la République. Jusque-là, ce thème était essentiellement cantonné aux discussions sur l’équilibre de nos régimes de retraite.

L’idée dominante semblait être qu’avec le progrès technique, la tendance de long terme à la réduction du travail est inscrite dans l’histoire. Et le niveau élevé du chômage en France témoignerait de ce que nous serions trop nombreux pour le travail à faire, en quelque sorte en retard sur une évolution tendancielle mondiale. Certains accapareraient une quantité de travail globale qui devrait être plus équitablement répartie.

Pourtant, après près de 40 années de réformes visant à réduire la durée du travail de ceux qui travaillent pour créer des emplois pour les autres, force est de constater que nous avons réduit le travail à un niveau plus faible que dans tous les autres pays de l’OCDE, mais que notre niveau de chômage est devenu parmi les plus élevés (8,5% en France en juillet 2019 à comparer à 6,3% dans l’Union Européenne à 28 pays par exemple). En Europe, seules la Grèce, l’Espagne et l’Italie ont une situation plus dégradée. Nous avons de plus le ressenti d’un problème global de pouvoir d’achat, qui conduit la population à se tourner vers les pouvoirs publics. Il semblerait qu’à chaque réforme, le bilan net ait été une réduction du travail global effectué (et de la production et du pouvoir d’achat total en résultant).

Nous nous sommes dégagés des secteurs d’activité réputés les plus ingrats (des pans entiers de l’activité économique ont été abandonnés notamment dans l’industrie, qui ne représente plus que 16,9% du PIB à comparer à 25,5% en moyenne dans le monde et 28% en Allemagne).

Pourtant, notre marché du travail est perçu comme particulièrement inhospitalier : il est difficile d’y entrer (chômage des jeunes, difficulté à obtenir un premier CDI), d’y revenir quand on en sort (durée du chômage en France comparée aux autres pays, taux d’emploi des seniors), la pression y est forte dans de nombreux secteurs, l’exigence de qualification élevée, la rémunération minimale que doit financer l’employeur rapportée au travail fourni parmi les plus élevées de l’OCDE.

Les besoins de la sphère publique, plus en rapport avec la population globale qu’avec la quantité de travail effectuée dans le pays (éducation, défense, justice, transferts sociaux par exemple) représentent une fraction de l’activité totale nettement plus importante que dans les autres pays de l’OCDE (la dépense publique représente 56,5% du PIB en 2017). Financer ces besoins dépasse la capacité contributive d’un secteur concurrentiel qui serait devenu étriqué. Les déficits publics demeurent corrélativement parmi les plus élevés, les risques associés au ras le bol fiscal sont mieux identifiés, et notre pays est l’un des plus exposés à la remontée des taux d’intérêt de marché, même si celle-ci est tenue pour éloignée.

Paradoxalement, les employeurs affirment avoir du mal à embaucher les compétences dont ils ont besoin, les services utiles ou nécessaires que ne peut satisfaire notre économie marchande sont nombreux, les services publics se sentent pour certains asphyxiés par le manque de ressources, et les besoins d’intégration des populations peu qualifiées sont importants et ont de graves conséquences politiques et sociales. Les nouvelles formes d’emploi et l’ubérisation de certaines activités n’apportent que des solutions ponctuelles, ou contestées. Aurions-nous excessivement réduit en France la quantité de travail salarié effectuée? Serait-ce le moment d’inverser la tendance? Peut-on construire un scénario de redéveloppement du travail et de rééquilibrage des activités marchandes ? Dans cette hypothèse, qui devrait travailler davantage, selon quelles modalités, avec quelles motivations ? Travailler plus pour produire et consommer davantage ?


Quelques chiffres

Sur sa durée de vie, un américain passe 16% de son temps à travailler. Un français 12%. Les PIB par tête respectifs d’un français et d’un américain sont de 42.878 et 62.606 $ en 2018 (48.264 pour un allemand).

La durée de travail annuel rapportée au nombre d'habitants au sein des pays de l’OCDE varie de façon importante. 634 heures/an en France, 728,7 en Allemagne et 830,3 aux Etats-Unis. Elle est illustrée par le graphique annexé.

Un français passe en moyenne 5 années de plus à la retraite que la moyenne de l'OCDE (25 ans à comparer à 20). Il détient le record en la matière.

Il y a maintes façons de travailler davantage. Par exemple, rapporté également à une durée de vie, le passage de la durée d’activité de 42 à 44 ans est équivalent à un allongement de 20 minutes de la durée quotidienne de travail (de 420 minutes pour une journée de 7 heures (et une semaine de 35 heures) à 440 minutes).

Après 40 années de développement du partage du travail en France, le taux de chômage est de 8,5% en France, en 4 ème plus mauvaise position en Europe. Il est de 3,5% aux Etats-Unis et de 2,4% au Japon.

Taux de chômage en France par CSP, par diplôme ou par âge

Part de l’industrie dans le PIB, 25,5% en moyenne dans le monde (source Banque Mondiale)



Total des heures effectivements travaillées (salariés e indépendants) rapporté au nombre d'habitants en 2017 : 

RUELLO Allain, "Temps de travail : la mauvaise réputation injustifiée de la France", Les Echos, 24 avril 2019.


Forum Mac Mahon du 6 novembre 2019 :


"Y a-t-il une limite à l’endettement du secteur public, des entreprises, des ménages dans un contexte de taux très bas voire négatifs ?"


Les Forums Mac Mahon 
Organisés par le Centre des Professions Financières

Note d’introduction, réunion du 6 novembre 2019.
Rainier BRUNET-GUILLY
Denis KLEIBER
Régis de LAROULLIÈRE


I. Endettement public

Depuis des décennies, le sujet de la soutenabilité de la dette publique est en débat, dans notre pays comme dans bien d’autres. En 2006 en France, le rapport Pébereau tirait le signal d’alarme.

Pourtant, depuis près de 4 décennies, la baisse des taux d’intérêt est continûment venue alléger le poids des intérêts de la dette sur la dépense publique dans les pays de l'OCDE, conduisant certains gouvernements, dont celui de notre pays, à reporter la perspective de réduction de la dépense publique qui viendrait réduire suffisamment le déficit et amorcer une réduction du ratio d’endettement public. Les marchés, un moment inquiets à en juger par les spreads, semblent raisonnablement confiants, même si nous payons plus chers que nos voisins allemands. L’endettement de certains pays (Grèce, Italie) a à certains moments atteint (voire franchi) le seuil d’alerte des marchés, alors que l’endettement très élevé du Japon ne semble pas les émouvoir.

Une situation de taux d’intérêts extrêmement faibles, voire négatifs, et une perspective (qui demeure pourtant hypothétique) que cette situation se prolonge longtemps, conduit également des économistes (comme Olivier BLANCHARD) ou des commentateurs (comme le journaliste économiste Jean-Marc VITTORI) à plaider dans ce sens, au motif que le soutien de l’activité serait (économiquement, socialement, si ce n’est politiquement) prioritaire.

D’autres (comme l’ancien haut fonctionnaire et économiste François ECALLE) soulignent que cette situation de taux d’intérêt extrêmement faibles ne sera pas éternelle, et que le contribuable se doit de ne pas trop hypothéquer son avenir (ou celui de ses enfants).

Au-delà de la nécessaire énumération d’arguments dans un sens et dans l’autre, peut-on approfondir le débat et éclairer les contribuables-électeurs et les pouvoirs publics?


II. Dette des entreprises et des ménages

La crise des sub-primes rappelle que la dette privée peut être systémique. Mais en période de taux durablement très faibles, le champ des projets potentiellement rentables s’élargit. Et en même temps, les difficultés financières récentes ou actuelles de grandes entreprises rappellent que l’endettement n’est pas sans risques. Faut-il revisiter l’approche économique de l’endettement ?

Qu’il s’agisse de la dette publique ou de celle des entreprises et des ménages, quelles questions poser? Quelles méthodes Les Forums Mac Mahon - Note d’introduction, réunion du 6 novembre 2019 proposer? Quelles personnalités inviter à s’exprimer sur ces sujets, dans le cadre de nos Forums, ou des manifestations du Centre? Quels contributeurs solliciter pour la prochaine Année des Professions Financières? Quels éléments de langage proposer ? Vers quels leaders d’opinion relayer les éventuelles suggestions issues des Forums? Tels pourraient être des livrables de la première réunion du Forum.


Quelques chiffres :

En France, quelques ratios détaillent l’endettement public.

  • Fin 2018, la dette publique totale : 2.315 Md euros (98,4% du PIB, qui atteignait 2.353,1 Md€) ;
  • Dette de l’Etat : 1.842,4 Md€ à comparer à des recettes nettes de 309,3 Md€ (dont recettes fiscales nettes 295,3). Et 248,3 de recettes nettes après prélèvements au profit des collectivités et de l’Union européenne, soit 7,5 années … ;
  • Les intérêts de la dette en 2018 se sont montés à 41,5 Md€, à rapprocher d’un déficit de 76 Md€ (chiffres 2018, rapport de la Cour des Comptes sur l’exécution 2018) ;
  • Coût annuel d’un spread de 0,60 rapporté à une dette de 1.842,4 Md€ : 11 Md€;
  • Dette organismes divers de l’administration centrale : 63,3 Md€;
  • Dette administrations publiques locales: 205,5 Md€;
  • Dette administrations de sécurité sociale: 205 Md€;

Et l’endettement privé :

  • L’endettement des entreprises et des ménages en France représente 133,2% du PIB (entreprises 73,3% et ménages 60%), soit un peu plus de 3100 Md€;
  • Par comparaison, le taux moyen dans la zone euro est de 118,7% (92,4% en Allemagne). Au Royaume Uni 151,7%, au Japon 151,8% et aux USA 148%.


Vous trouverez la note de synthèse des échanges lors de cette réunion ci-dessous :